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Ramadan : une période lourde de conséquences sur la santé

Par doctinews.com - 07/08/2014

Les troubles digestifs constituent une pathologie fréquente au cours du Ramadan. Le respect de mesures hygiéno-diététiques est primordial pour l’accomplissement du devoir du jeûne

 

Pendant la période du Ramadan, les conditions de vie changent. Les repas sont pris exclusivement le soir -trois ou quatre- en un laps de temps court, et le sommeil nocturne est souvent retardé et écourté avec une activité veille/sommeil modifiée. Ces changements de rythmes et d’habitudes alimentaires ont évidemment un impact sur la sphère gastro-duodénale.

Conditions d’alimentation et troubles digestifs
• Une étude sur les effets du jeûne du Ramadan sur le pH intra gastrique enregistré sur 24 heures chez le sujet sain par la Fondation Hassan II pour la Recherche scientifique et médicale sur le Ramadan a permis de mettre en exergue l’influence des conditions de vie imposées durant le Ramadan sur les variations de l’acidité gastrique durant le nycthémère.

Cette étude montre que les variations des conditions d’alimentation imposées par le Ramadan s’accompagnent d’une augmentation de l’acidité gastrique sur 24 heures, principalement en phase diurne.
• Une étude épidémiologique descriptive, effectuée auprès de 1 923 sujets sains, sans antécédents gastro-intestinaux, a montré que le jeûne du Ramadan induit des troubles digestifs mineurs chez 10 % des personnes interrogées (dyspepsie, reflux G-O, gastrite).
• Une autre étude épidémiologique menée auprès de 1900 personnes de la population de Casablanca a montré une incidence importante de l’apparition de troubles digestifs pendant le mois de Ramadan. Dès la première semaine, 7,3 % de la population présentait ces troubles digestifs qui continuaient d’augmenter au fur et mesure du mois.
• Par ailleurs, une enquête menée auprès de 950 personnes dont la moitié prenait le dernier repas (shor) avant minuit et l’autre moitié après 4 heures du matin, a montré que :
- Les premiers jours du Ramadan, les personnes qui prenaient le shor tard (après 4 h) présentaient plus de troubles digestifs que les autres ;
- Dès la 2e semaine, les deux groupes avaient autant de troubles digestifs ;
- A la fin du Ramadan, le nombre de troubles digestifs était inférieur chez les personnes qui prenaient le shor tard (après 4h).

 


© journaldusenegal.com
le Ramadan est une période lourde de conséquences sur la santé

Il ressort que les premiers jours du Ramadan, la prise du shor a un effet agressif sur l’organisme non habitué à une prise alimentaire tard dans la nuit. Puis l’organisme s’adapte et le nombre de personnes présentant des troubles digestifs diminue de manière très significative. Par ailleurs, la plupart des personnes qui ont présenté des troubles prenaient des repas très consistants (plats avec sauce, gâteaux au miel...) et riches en excitants au cours du shor.

Impact du jeûne sur la sphère gastro-duodénale
Le changement de mode de vie entraîne des modifications nutritionnelles et digestives pouvant expliquer les complications des ulcères gastro-duodénaux au cours du mois de Ramadan telles que :
• Reflux gastro-oesophagien (pyrosis) ;
• Perforation d’ulcère digestif (péritonite) ;
• Hémorragie digestive (hématémèses).

Autant de complications qui peuvent engager le pronostic vital du patient. Les complications d’ulcère seraient dues à l’augmentation des facteurs agressifs pour la muqueuse gastro-duodénale pendant le Ramadan. Cette agressivité de l’acide chlorhydrique est importante pendant la journée par manque d’apport alimentaire. La période nocturne du Ramadan aussi bien pour le sujet sain que l’ulcéreux duodénal ne présente pas d’agressivité digestive, car les prises répétées d’aliments tamponnent l’acidité gastrique.

Pour l’ulcéreux duodénal, la période nocturne en dehors du Ramadan présente une hyperacidité gastrique. En conséquence, chez les sujets ulcéreux traités, les traitements préventifs ou curatifs des troubles digestifs et des complications d’ulcère induites par le Ramadan devraient être préconisés afin de réduire les sécrétions gastriques acides importantes au cours des journées du Ramadan. Des traitements d’entretien des ulcéreux duodénaux cicatrisés devraient être préconisés au moins une semaine avant le Ramadan, pendant tout le mois de Ramadan et plus de six semaines après le Ramadan.

 

 
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