Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) a annoncé une grève nationale de 48 heures à partir du mardi 18 février 2025. Tout en assurant la prise en charge des urgences, les médecins entendent protester contre la dégradation de leurs conditions de travail et l’inaction du gouvernement face à leurs revendications.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi, Diabel Dramé, Secrétaire général chargé des Affaires médicales du SAMES, a justifié ce mouvement par l’absence de dialogue concret avec les autorités. « Devant l’inaction du gouvernement, nous lançons le premier acte de notre plan d’action avec cette grève », a-t-il déclaré.
Des revendications vitales pour le système de santé
Le syndicat réclame en priorité :
Le recrutement massif des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes dans la fonction publique pour renforcer les effectifs hospitaliers.
Une gestion plus équitable des ressources humaines via un appel à candidatures transparent pour les postes de responsabilité.
Une réforme du régime indemnitaire jugé injuste et incohérent au détriment des praticiens de santé.
Une revalorisation des pensions de retraite, actuellement trop faibles pour assurer un minimum vital aux anciens médecins.
La construction progressive de nouveaux hôpitaux pour désengorger les structures existantes.
L’accélération du remboursement de la dette de la Couverture Maladie Universelle (CMU) due aux hôpitaux.
La régularisation du statut des internes et des médecins en spécialisation, souvent laissés dans une situation précaire.
Selon Mamadou Demba Ndour, Secrétaire général du SAMES, le syndicat a rencontré le gouvernement à 14 reprises sans qu’aucune avancée notable ne soit enregistrée. La dernière rencontre avec le ministère de la Santé, le 13 février dernier, est restée sans suite.
Un cri d’alarme pour la santé publique
Au-delà des revendications des médecins, ce mouvement interroge sur l’avenir du système de santé sénégalais. Une prise en charge insuffisante des professionnels pourrait avoir de lourdes conséquences sur la qualité des soins et la disponibilité des services hospitaliers.
Le SAMES prévient que d’autres actions pourraient suivre si aucun engagement sérieux n’est pris par les autorités. Face à cette situation critique, la balle est désormais dans le camp du gouvernement.