Budapest, 3 avril 2025 – Le gouvernement hongrois a officialisé ce jeudi son intention de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI). L’annonce intervient alors que le pays reçoit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, visé par un mandat d’arrêt de cette même institution.
Une procédure engagée
Gergely Gulyás, directeur de cabinet du Premier ministre Viktor Orbán, a confirmé sur les réseaux sociaux le lancement de la procédure de retrait. Conformément au Statut de Rome, cette décision prendra effet un an après sa notification officielle aux Nations unies.
La Hongrie rejoint ainsi le Burundi et les Philippines, seuls pays à avoir quitté la CPI depuis sa création en 2002. Budapest justifie sa décision en qualifiant l’institution de « politiquement biaisée », reprenant une critique fréquemment émise par l’ancien président américain Donald Trump.
Contexte diplomatique sensible
L’annonce coïncide avec la visite officielle de Benjamin Netanyahu, sa première en Europe depuis que la CPI a émis contre lui un mandat d’arrêt en novembre 2024 pour crimes de guerre présumés à Gaza. Le dirigeant israélien a été accueilli avec les honneurs militaires à Budapest.
Plusieurs organisations de défense des droits humains avaient appelé la Hongrie à arrêter Netanyahu. Le ministre israélien des Affaires étrangères a au contraire salué « la position morale forte » de la Hongrie.
Réactions institutionnelles
Contactée par l’AFP, la CPI a rappelé que la Hongrie demeurait « tenue de coopérer » avec l’institution jusqu’à l’aboutissement complet de la procédure. Le porte-parole Fadi El Abdallah a souligné que « les États ne peuvent déterminer unilatéralement le bien-fondé des décisions judiciaires ».
La Hongrie avait signé le Statut de Rome en 1999 mais ne l’avait jamais ratifié, invoquant des questions de constitutionnalité. Cette position lui permet aujourd’hui de contester l’autorité de la CPI.
Perspectives
Ce retrait s’inscrit dans un contexte de défiance croissante envers les institutions judiciaires internationales, alors que plusieurs dirigeants, dont le président russe Vladimir Poutine, font également l’objet de mandats de la CPI.