Dakar, 2 avril 2025 – L’Assemblée nationale sénégalaise a vécu ce mercredi des heures de grande tension lors de l’examen de la proposition d’interprétation de la loi d’amnistie. Les échanges particulièrement virulents entre majorité et opposition ont transformé l’hémicycle en véritable champ de bataille politique.
Une séance sous haute tension
Dès l’ouverture des débats, l’opposition a immédiatement demandé l’ajournement de la séance. Abdou Mbow, député de l’opposition, a fustigé :
« Cette précipitation est suspecte ! Nous avons besoin de temps pour analyser sérieusement un texte aussi sensible qui pourrait ouvrir la porte à toutes les manipulations. »
Face à lui, Me Abdoulaye Tall, président de la commission des lois et figure de la majorité PASTEF, a contre-attaqué avec véhémence :
« C’est l’opposition qui joue la montre pour des calculs politiques ! Cette interprétation est nécessaire pour une application équitable de l’amnistie. »
L’intervention explosive de Fabinta Ndiaye
Le climat déjà électrique a atteint son paroxysme avec l’intervention tonitruante de la députée Fabinta Ndiaye (Takku Wallu Sénégal). Pointant du doigt les élus PASTEF, elle a lancé avec colère :
« Qui sont ces nerfs dont on parle ? Qui a appelé au combat mortel ? Assez d’hypocrisie ! La vérité doit éclater ! »
Ses propos, prononcés sous les huées et les applaudissements, ont jeté une lumière crue sur les profondes fractures qui traversent la classe politique sénégalaise.
Un vote qui n’apaise pas les tensions
Malgré les protestations de l’opposition, la majorité a fait passer en force le rejet de la proposition d’ajournement. Cette décision a :
- Provoqué une levée de boucliers dans les rangs de l’opposition
- Donné lieu à des invectives croisées entre les bancs
- Illustré l’impasse politique sur ce dossier sensible
En coulisses, des observateurs s’inquiètent : « Ces débats envenimés risquent de compromettre toute possibilité de dialogue apaisé sur la réconciliation nationale », confie un diplomate sous couvert d’anonymat.
Alors que les discussions se poursuivent dans un climat délétère, une question demeure : cette loi d’amnistie, censée apaiser les tensions, ne risque-t-elle pas au contraire d’attiser les divisions ?